10.01.10 NON AU SACCAGE FERROVIAIRE DU PAYS BASQUE
Plaidoyer d'Odile de Coral (Sud-Ouest du 7 janvier 2010) en réponse à Monsieur Berckmans, Président de la CCI de Bayonne Pays Basque :
Monsieur Berckmans dans son plaidoyer pour la LGV défend la création d'une ligne nouvelle en Pays Basque.
Certains des arguments avancés sont défendables, mais son analyse nous paraît incomplète et son refus de vouloir se battre pensant que « le combat est perdu d’avance », bien surprenant.
« Peux-t-on imaginer que le Pays Basque devienne un goulet d'étranglement » s'interroge le Président de la CRCI . Mais il l'est déjà malheureusement puisque notre territoire est situé entre la mer et la montagne et qu'il est déjà traversé par la voie ferrée actuelle, l'autoroute A 63, par la RD 810, par la ligne à haute tension, et par le gazoduc. Rajouter une infrastructure aggraverait terriblement cet effet d'entonnoir que nous connaissons au Pays Basque.
Nous ne contestons pas le fait que le train soit le moyen de transport le plus écologique et nous souhaitons comme d’autres que Paris soit à 3h30 de Bayonne et Madrid à 2 h d’Hendaye, mais pour les voyageurs uniquement.
Oui, il faut privilégier et développer le transport des voyageurs.
L'atout majeur du Pays Basque est son environnement exceptionnel et le développement économique du territoire doit en tenir compte.
Nous n'avons pas vocation à accueillir de l'industrie lourde sur la côte basque. Cela nécessiterait un foncier qui est devenu rare et cher.
Notre économie locale se développera plutôt grâce à des secteurs à forte valeur ajoutée qui ont besoin de peu de foncier.
Notre environnement est notre richesse. C'est cette richesse que nous devons exploiter pour créer de nouveaux emplois pour les générations à venir.
Nos sites naturels souvent protégés, bénéficient à l’agriculture et au tourisme. L’océan, élément naturel offre des possibilités de diversification incroyable.
Notre environnement est un outil de travail formidable et un facteur de développement durable, nous devons le préserver.
Pour le transport de voyageurs, RFF prévoit une augmentation de trafic de 6 trains supplémentaires par jour. Personne ne contestera que les lignes actuelles suffiraient à cette évolution et qu’elles devront être réaménagées pour un confort acoustique des riverains.
Le projet concerne donc essentiellement le FRET.
Et c'est ce projet-là que nous contestons au pays basque.
Bien sûr, il faut promouvoir le fret ferroviaire, mais, en Espagne, c’est à Saragosse qu’est prévu le gros du trafic de fret: une plateforme gigantesque y est implantée, pour un transport de marchandises Nord/Sud Europe en ligne droite. N'est-il pas plus logique, comme le pensent les Espagnols qui poursuivent des études dans ce sens, que le passage du fret se fasse par la traversée des Pyrénées Centrales d’autant plus que les études de RFF prévoient une arrivée du fret à Toulouse ?
Par cette voie trans-pyrénéenne, la ligne serait en tunnel. Or sur la côte basque, si la ligne devait se faire : « des projets existent qui prévoient 80% de tunnels ou de traversées » affirme Jean-Marie Berckmans. En fait, RFF propose entre 40 et 60% de ce qu’ils appellent « une ligne enterrée ». En réalité, il s’agit de quelques tunnels passant en souterrain, le reste étant des tranchées couvertes qui nécessitent l’expropriation de riverains sur des distances importantes. Notre beau pays basque serait à nouveau saccagé.
Enfin, comment imaginer qu’un projet d’une telle importance puisse se réaliser contre l’avis de la population locale et des élus des 29 communes qui la représentent :12 000 personnes ont défilé dans les rues de Bayonne en 2009. En 2010, nous avons l’intention de continuer à faire entendre la voix des habitants du Pays Basque avec la même détermination


